Comment le Cameroun en est encore arrivé à un programme d’appui budgétaire avec les bailleurs de fonds? Bien qu’ayant dans nos mémoires toutes les séquelles des divers Programmes d’Ajustements Structurels, l’économie camerounaise dans sa dernière décade a amorcé une croissance timide à la faveur de l’initiative PPTE. Toutefois, les crises sécuritaires au niveau interne, à ses frontières et conjoncturelles à l’international auraient eu raison d’elle au point de trouver la bouffée d’oxygène dans un programme de Facilité Elargie de Crédit (FEC) avec le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement, l’Union Européenne et l’Agence Française de Développement.

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Dans ce qui est devenu un exercice de routine depuis 2011 avec la parution de son premier numéro, l’Evaluation des Politiques et des Institutions du Pays (CPIA) est un exercice national qui évalue chaque année la qualité des politiques et la performance des institutions camerounaises sous l’encadrement du Centre d’Analyse et de Recherche sur les Politiques Economiques et Sociales (CAMERCAP-PARC). Bien qu’il mesure traditionnellement la capacité de notre pays à soutenir la croissance durable, la reduction de la pauvreté et l’efficacité de l’utilisation de l’aide au développement, en mettant l’accent sur les moyens qui sont sous le contrôle du pays plutôt que sur les résultats (tels que les revenus nationaux et les taux de croissances). Cette édition a mesuré les capacités nécessaires pour réussir la mise en oeuvre du programme (FEC). Cet exercice du Country Policy and Institutions Assessment (CPIA) est réalisé par la Banque Mondiale (BM) et la Banque Africaine de Développement (BAD) depuis des années. La méthodologie utilisée par les deux institutions est assez similaire dans l’approche et dans la finalité à savoir déterminer le niveau d’allocation des ressources financières au pays dans ces différents guichets. Ce qui est normal, étant donné que les deux institutions sont avant tout des banques de développement.

Le CAMERCAP-PARC, sous le mentorat de la Fondation pour le Renforcement des Capacités en Afrique (ACBF), dans sa mission de suivi-évaluation des politiques publiques reprend le même exercice d’évaluation, mais avec quelques plus-values :

1. Sur l’approche méthodologique, le même support de collecte est utilisé. Mais ici on parle d’autoévaluation, car l’exercice est fait par les nationaux.

2. Sur la finalité, l’analyse est focalisée sur les capacités et non sur l’allocation des ressources. Ce qui permet ainsi d’aboutir à des propositions de réformes et/ou de renforcement des capacités dans les domaines ciblés.

Par ailleurs, le fait que le pays se retrouve à nouveau sous-programme économique sous la surveillance du FMI et des autres PTFs associés à la FEC conforte cet exercice. Car en réalité, le retour sous ajustement par un programme de réformes “contrôlées” indique l’urgence d’un renforcement des capacités.

Oui le Cameroun a besoin de metre à niveau ses habiletés à atteindre les objectifs que le pays se fixe lui-même. Et cet “agiornamento” doit se faire sur le triple plan institutionnel, organisationnel ainsi que  du capital humain. C’est la condition sine qua non pour retrouver la route qui devrait nous mener vers l’émergence.

La présente édition se situe dans un contexte caractérisé par le ralentissement de l’activité économique dans le pays. Cette situation s’explique sous deux angles. Premièrement, la crise des matières premières a eu un impact sur les activités économiques et les échanges de biens et services. La chute des prix des matières premières a eu pour conséquence directe : l’effondrement de la valeur des exportations. Mais leur volume a également diminué avec le ralentissement de la croissance économique. Deuxièmement, le pays fait face à trois défis sécuritaires: l’insécurité au niveau des frontieres avec la secte islamique Boko Haram, la situation avec la RCA; et la crise au Sud-Ouest et Nord-Ouest.

Le monde bouge, il change même très rapidement et le Cameroun doit courir s’il ne veut pas rater le train de l’Agenda 2030 des Objectifs de Développement Durable auxquels il a souscrit, et être tenu en marge “Left Behind”. Chaque acteur concerné par la chaine des intitutions politiques publiques trouvera dans ce rapport quelques idées utiles, certes non magiques, pour booster ses capacités nécessaires à la réussite du programme afin de corriger rapidement le tir qui permettra au pays de se remettre sur la voie de l’émergence qu’il s’est fixée. Dans cette perspective, l’orthodoxie dans la coordination et la rationalisation de nos institutions devrait être un impératif sinon la règle. Quant au CAMERCAP-PARC, nous continuons notre mission de veille stratégique et de conseil pour un Cameroun qui gagne.

Une édition en numéro double

Contrairement à notre tradition établie depuis 2011 de produire une évaluation annuelle du CPIA, le numéro que vous avez entre les mains est une édition spéciale qui porte sur l’évaluation des années 2016 et 2017, en un seul package. Deux principales motivations à cela :

i.) Sur le plan technique et de la finalité de l’exercice. Le rythme d’implémentation des actions de politiques économiques pouvant apporter des changements perceptibles est suffisamment peu conséquent au point d’avoir l’impression que rien n’a bougé à l’intervalle des douze derniers mois. Ainsi en élargissant le champ d’observation (des critères retenus) à 2 ans, nous ne courons pas le risque de redire les mêmes choses. D’ou l’urgence des réformes…

ii.) Notre mission de veille économique. Tout en restant fidèle au canevas standard de l’exercice dans ses quatre domaines, seize critères et cinquante-trois sous-critères, nous avons voulu apporter notre contribution en inscrivant les analyses de cette évaluation dans le contexte ambiant, celui du programme économique en cours, soutenue par la Facilité Elargie de Crédit (FEC) avec son pool de partenaires réunis autour du FMI.

Notre souhait est que, sans être un bailleur de fonds, ACBF à travers le CAMERCAP-PARC, participe à la recherche de solutions au redressement économique du Cameroun par son approche de développement des capacités. C’est notre engagement : Evaluer-Proposer-Innover !

Barnabé Okouda, Directeur Exécutif

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TROIS PRIORITES STRATEGIQUES

  • Promouvoir la stabilité politique +

    Promouvoir la stabilité politique Le renforcement des capacités essentielles en vue de promouvoir la stabilité politique et sociale pour un changement transformationnel.
  • Réguler le secteur productif +

    Réguler le secteur productif Renforcer les capacités en vue de faire participer et réguler le secteur productif.
  • Suivre l'împact des politiques +

    Suivre l'împact des politiques Renforcer les capacités en vue de suivre l’impact des politiques.
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PLAN D'ACTIONS PRIORITAIRES

  • Adoption +

    Adoption Adoption d'une approche intégrée du capital humain
  • Optimisation +

    Optimisation Optimisation des capacités de programmation et de mise en oeuvre des politiques, projets et programmes de développement au Cameroun
  • Rationalisation +

    Rationalisation Rationalisation des institutions du secteur public, du secteur privé
  • Alignement +

    Alignement Alignement des choix et de la vision de développement sur l'enracinement culturel et l'environnement local
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