Les relations entre le Cameroun et le Nigeria sont marquées à la fois par la géographie, la culture et l’histoire. Cette proximité naturelle matérialisée par  une frontière longue de plus de 1600 kilomètres, induit fatalement des échanges sur le plan démographique, socioculturel et économique. En fonction des enjeux, des sujets et des moments, la taille disproportionnée des deux pays (en superficie et population) et donc des deux économies peut représenter un avantage ou inconvénient pour l’un ou l’autre Etat. Le Nigeria qui compte plus de 170 millions d’habitants face à un Cameroun avec environ 23 millions de personnes.

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A première vue, et selon les théories économique et sociopolitique, le risque est plus élevé pour le Cameroun de se retrouver en situation de vassal, voire de perdant quand on prend en compte les facteurs classiques ci-dessus évoqués.  Sans s’inscrire dans une visée conflictuelle (David contre Goliath), l’histoire des peuples et des nations nous renseigne également qu’une bonne approche stratégique peut permettre à un plus petit pays de tirer grand avantage d’un voisin plus puissant en se positionnant de manière intelligente sur les avantages comparatifs (on a toujours besoin d’un plus petit que soi !) et les anticipations rationnelles de conquête des parts de marchés, notamment sur  des segments  précis et porteurs. Au-delà de l’approche fusionnelle d’intégration sous régionale qui consisterait à considérer ne seraitce que les États fédérés nigérians limitrophes du  Cameroun comme un marché intérieur, ce qui implique et exige même de bâtir  des infrastructures de communication perpendiculaires aux frontières, un des avantages dont dispose le Cameroun pour l’instant sur le Nigeria est son appartenance à la zone franc qui lui assure la convertibilité de sa monnaie le XAF, via l’Euro. 

Le Nigeria le sait et l’exploite, compte tenu de sa situation géographique qui l’entoure de pays de cette zone monétaire (Benin, Cameroun,  Niger et Tchad). Mais de tous, le Cameroun présente le plus d’intérêts et d’enjeux face au Nigéria.  Et parmi les instruments de politique économique que ce grand voisin actionne de temps en temps pour  faire face à des chocs de déséquilibre extérieur (la balance de paiement), il y a la dévaluation de sa monnaie. Un des défis majeurs  étant la (re) constitution des réserves de changes. Or étant membre de la zone franc, les pays membres limitrophes ne disposent pas d’une option d’ajustement monétaire (instantanée) en retour. Ce qui ne va pas sans conséquence sur les économies de ces Etats. Comment le Cameroun  qui dispose du plus grand potentiel face au Nigeria devrait il se comporter dans cette situation ?  C’est cette réflexion que le CAMERCAP-PARC a initiée pour tenter d’évaluer, de proposer et d’innover. 


L’approche méthodologique utilisée a permis d’aborder le sujet à travers l’usage successivement des techniques classiques et d’autres plus récentes, notamment un modèle gravitaire visant à simuler le comportement des deux économies. L’étude a porté sur trois types d’opérateurs : a) les Nigérians installés au Cameroun, b) les Camerounais commerçants au Nigeria, c) les Camerounais subissant l’influence du Nigeria. Les analyses ont permis  d’aboutir à la conclusion pour le Cameroun d’opter pour des mesures de politique économique proactives, au risque de  se retrouver dans une position similaire à celle xii qu’occupe le Mexique vis-à-vis des Etats-Unis, contrairement à celle du Canada face à ce même pays. Certaines  propositions, entre autres,  pouvant paraitre iconoclastes, mais qui ont fait et qui  font des success stories  sous d’autres cieux, ont été sont suggérées. Elles méritent d’être approfondies  et testées. C’est le devoir d’un centre de recherche sur les politiques économiques et sociales, un Think Tank.  C’est notre devoir !

Barnabé OKOUDA, Directeur Exécutif

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TROIS PRIORITES STRATEGIQUES

  • Promouvoir la stabilité politique +

    Promouvoir la stabilité politique Le renforcement des capacités essentielles en vue de promouvoir la stabilité politique et sociale pour un changement transformationnel.
  • Réguler le secteur productif +

    Réguler le secteur productif Renforcer les capacités en vue de faire participer et réguler le secteur productif.
  • Suivre l'împact des politiques +

    Suivre l'împact des politiques Renforcer les capacités en vue de suivre l’impact des politiques.
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PLAN D'ACTIONS PRIORITAIRES

  • Adoption +

    Adoption Adoption d'une approche intégrée du capital humain
  • Optimisation +

    Optimisation Optimisation des capacités de programmation et de mise en oeuvre des politiques, projets et programmes de développement au Cameroun
  • Rationalisation +

    Rationalisation Rationalisation des institutions du secteur public, du secteur privé
  • Alignement +

    Alignement Alignement des choix et de la vision de développement sur l'enracinement culturel et l'environnement local
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